Le rôle des banques et des institutions financières dans la transition écologique a été au centre des discussions lors de la récente COP26. Ces acteurs ont en effet un rôle considérable à jouer pour accélérer la transition vers une économie verte, notamment en investissant dans des entreprises ayant un impact social et environnemental positif. Cela dit, nous pouvons également, en tant qu'individus et clients, participer à la transformation du système bancaire en faisant des choix personnels mieux informés.
En choisissant les bonnes banques, nous pouvons en partie décider d’où et de comment notre argent sera investi. Dans ce contexte, il est particulièrement important de considérer l'impact quotidien de nos comptes d’épargne, car nombreuses sont les banques qui utilisent actuellement cet argent pour alimenter des prêts destinés aux entreprises, et y compris aux compagnies pétrolières. S’il est difficile de décider à qui notre épargne sera prêtée, notre choix personnel de banque peut influencer notre participation à l'augmentation mondiale des émissions de carbone.
Parmi les nombreux comportements écologiques que nous pouvons adopter, le passage à une banque durable est donc l’un de ceux qui pourraient considérablement améliorer notre empreinte environnementale, car il permettrait de limiter de manière significative l’impact du système bancaire sur la crise climatique.
Dans un récent rapport, ideas42 détaillent certaines interventions issues des sciences comportementales permettant d’encourager la souscription à des comptes d’épargne durables. Et il semblerait que les modèles mentaux que nous associons aux banques, l'invisibilité de nos comportements bancaires, et nos raccourcis mentaux nous empêchent tous de prendre de bonnes décisions.
De mauvais modèles mentaux associés aux banques
Les modèles mentaux sont “des représentations du monde que nous utilisons pour porter des jugements, résoudre des problèmes et faire des prédictions.” Le rapport d’ideas42 indique que la plupart d'entre nous se font des repésentations inexactes du système bancaire, qui nous empêchent de chercher des options plus durables.
Tout d'abord, la plupart des gens pensent que leur épargne reste passivement sur leur compte et accumule des intérêts sans aucun effet sur le monde. Les gens font rarement le lien entre l’argent que les banques détiennent grâce aux épargnes et les prêts qu'elles accordent.
Les modèles mentaux que nous associons aux banques durables sont également biaisés. Bon nombre d’entre nous ont tendance à supposer qu'une banque durable est une banque qui est uniquement en ligne, qui fournit des relevés bancaires sans papier, et qui recycle. Peu de gens considèrent la durabilité de leur banque en termes de l'impact de leurs opérations et de leurs investissements.
Des comportements bancaires invisibles et privés
Un autre défi réside dans le fait que, comme beaucoup de nos comportements quotidiens, les comportements bancaires sont privés et invisibles. Les comportements bancaires des autres sont en effet difficiles à observer, et le sujet des finances personnelles est, pour beaucoup, tabou. Cela signifie que les comportements bancaires ne sont pas soumis à la pression sociale. Il est donc difficile de les influencer par le biais de normes et de comparaisons sociales, notamment parce que les gens n’ont pas la capacité d’observer et donc d’imiter les comportements potentiellement durables de leur entourage. Pourtant, les normes sociales sont un puissant facteur de changement, puisque notre nature humaine nous pousse à imiter les autres pour éviter d’être perçu comme ‘déviant’.
Des raccourcis mentaux aux conséquences importantes
Face aux nombreuses options qui s'offrent à nous, le choix d'une banque devient un processus complexe aux enjeux élevés. Lorsque nous sommes confrontés à un large choix, notre cerveau a tendance à utiliser des raccourcis mentaux afin de faciliter la prise de décision, ce qui signifie qu'il se concentre sur les caractéristiques les plus saillantes d'une banque et tend à ignorer les autres. Et vous l'aurez peut-être deviné : l'impact environnemental des banques est rarement l'une de leurs caractéristiques les plus saillantes. Dans ce contexte, nous sommes également enclins à nous en tenir au statu quo et à ce que nous savons déjà, afin de nous épargner les efforts mentaux qu’implique un changement de banque.
En conclusion, il est important d’être conscients et attentifs à l'impact de nos choix bancaires sur la planète. Les sciences comportementales sont des outils prometteurs qui pourraient permettre aux banques durables de countrecarrer certains obstacles, et d’inciter les individus à souscrire à leurs offres. D’un point de vue personnel, transférer nos comptes bancaires vers des banques qui financent des projets sociaux et écologiques permettrait d'envoyer un message clair en faveur de la transition écologique.
Référence
‘Bank on What You Believe’, par ideas42 : https://www.ideas42.org/project/sustainable-banking-climate-change/i42-1196_sustainable-banking_jan22